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Groups > fr.comp.sys.atari > #11422

Console

From LE COAT François <lecoat@atari.org>
Newsgroups fr.comp.sys.atari
Subject Console
Date 2015-07-27 15:51 +0200
Organization Aioe.org NNTP Server
Message-ID <mp5d0b$n75$1@speranza.aioe.org> (permalink)

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Bonjour,

Aujourd'hui Libération ne célèbre pas les 30 ans de l'ATARI ST (et de
l'Amiga aussi), mais parle des tous débuts du jeu vidéo depuis 1972 ...
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*1972 : Odyssey prend la main*
Libération par Erwan CARIO le 24/07/2015

ON SE CONSOLE COMME ON PEUT (1/6)

Un microprocesseur, une carte graphique, de la mémoire vive et c’est
parti pour l’histoire des consoles de jeux vidéo. Aujourd’hui les
pionnières Odyssey, Home Pong et Atari VCS 2600.

Le jeu vidéo est une affaire de générations. N’interprétez pas mal ces
propos, on n’est jamais trop vieux pour jouer. Les générations dont
nous allons parler ici sont celles des machines. Les consoles
d’aujourd’hui, la Playstation 4, la Xbox One et la Wii U forment la
huitième. Mais puisqu’il faut condenser cette histoire en six jours,
commençons par les deux premières générations, qui courent de 1972 à
1983 et qui forment à elles deux le premier âge du jeu vidéo grand
public.

En août 1972, donc, sort la toute première console de jeux vidéo. Elle
s’appelle l’Odyssey. Construite par Magnavox, elle est l’oeuvre du
visionnaire Ralph Baer qui, depuis le début des années 50, est persuadé
qu’on peut faire autre chose que de rester assis passivement devant ce
nouvel objet, la télévision. Bon, au risque d’égratigner un peu la
légende, avouons qu’elle n’a pas grand chose pour elle, cette Odyssey.
Elle est chère (100 dollars) et les jeux qu’elle propose sont un poil
barbants. Il y a bien un jeu de tennis, mais il ne compte même pas les
points. Sa sortie passe d’ailleurs assez inaperçue. Mais un mois plus
tard, les clients d’un bar californien, le Andy Capps Tavern,
découvrent un prototype étrange. C’est un jeu de tennis sur écran, mais
qui cette fois-ci compte les points et gère bien les angles de retour
(c’est important pour pouvoir affiner sa technique !). Il s’appelle
Pong et c’est l’oeuvre d’une jeune société, Atari.

C’est le succès fulgurant de Pong qui va remettre l’Odyssey sur le
devant de la scène, les deux jeux de tennis étant très proches (Nolan
Bushnell, fondateur d’Atari, admettra plus tard s’être inspiré d’une
version de démonstration de l’Odyssey pour donner ses instructions de
conception à son associé Al Alcorn). Après le succès de leur borne
d’arcade, Atari sort, fin 1975, Home Pong qui concurrence directement
l’Odyssey. Un an plus tard, d’innombrables clones inondent le marché
et concluent cette première génération.

La deuxième commence en 1976 avec la Channel F du constructeur
Fairchild. Grosse nouveauté : les cartouches qui permettent de changer
de jeu et éviter que la console finisse dans un placard à prendre la
poussière comme ce fut le cas avec les précédentes. Mais tout le monde
a oublié la Channel F (snif), car un an plus tard, en octobre 1977,
sort l’Atari VCS 2600. Avec son joystick, ses adaptations de grands
succès d’arcade (Breakout, Space Invaders, etc.), et plus de 900 jeux
produits en tout, elle domine le marché (les grandes concurrentes,
l’Intellivision et la Colecovision font de la figuration). Et ça
marche. Les jeux partent comme des petits pains. Tant et si bien que
les concepteurs commencent à ne plus trop faire attention à la qualité
de leur production.

Le paroxysme est atteint en 1982 lorsque deux jeux particulièrement
attendus sonnent par leur médiocrité le glas de la console elle-même.
En mars, c’est le monumental Pac-Man qui arrive sur l’Atari 2600. C’est
sans doute, dans sa version originale, le meilleur jeu conçu depuis les
débuts du jeu vidéo. Le jeu du designer Tōru Iwatani détient même, avec
ses 350000 bornes produites, le record de l’histoire de l’arcade. Son
adaptation est ridiculement désastreuse. Quelques mois plus tard, c’est
l’adaptation du chef d’oeuvre de Steven Spielberg, E.T., qui finit de
dégoûter les joueurs. Son créateur, Howard Scott Warshaw, n’a que cinq
semaines pour concrétiser le projet. C’est injouable. On ne comprend
rien. E.T. doit récupérer des composants de téléphone et passe son
temps à tomber dans des trous. Les acheteurs renvoient leurs jeux à
Atari et la légende a raconté pendant longtemps que l’entreprise avait
enterré des milliers de boîtes dans le désert du Nouveau Mexique. Une
légende confirmée en 2014 par des fouilles effectuées dans le cadre du
documentaire Atari : Game Over. En 1983, aux Etats-Unis, le jeu vidéo
est mort. Ce n’était qu’une mode passagère. Dommage, il y avait du
potentiel.

Lundi : les consoles 3e génération (1983-1990)

Erwan CARIO
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